II–
Transformation du maïs en pop-corn à l’échelle
microscopique / chimique
1) Composition
chimique d’un grain de maïs : l’amidon majoritaire
On
sait que le maïs en général est principalement
composé d’amidon. Nous allons le vérifier en
effectuant le test caractéristique à l’eau iodée
: en présence d’amidon, l’eau iodée naturellement
jaune orangée devient noire violacée/bleutée.
expérience
témoin : de l’amidon(poudre blanche) sur lequel
on a versé quelques gouttes d’eau iodée.
La poudre est bien devenue noire bleutée.
Toute la partie blanche du maïs éclaté se
teinte en noir bleuté, c’est donc de l’amidon
expansé
En
ouvrant un grain de maïs, classique ou butterfly, sur lequel
on effectue le test à l’eau iodée on peut affirmer
que l’amidon présent dans le grain n’y est pas
répartit de façon homogène. En effet, l’amidon
est situé dans l’albumen.
En
observant bien l’amidon dans le maïs, on en arrive à
se demander s’il joue un rôle dans la transformation du maïs
butterfly en pop-corn. Or en se renseignant, puisque nous n’avons
pas le matériel adéquat, on apprend que de manière
général l’albumen de maïs contient environ 87%
d’amidon… il n’y a donc pas de différence suffisamment
remarquable quant à la quantité d’amidon présente
dans les différents types de grain de maïs.
De plus, et en vain,
nous avons essayé de faire cuire dans de l’huile des boulettes
de poudre d’amidon. Si elles avaient plus ou moins éclaté,
nous aurions pu en déduire que cet amidon aurait été
la cause de la transformation de maïs en pop-corn. Ce ne fut, comme
nous nous y attendions, pas le cas : les boulettes d’amidon ayant
en effet brûlé attachant au fond de la casserole (que nous
nous sommes amusés à récurer par la suite…)
Une petite boulette d' amidon...
...carbonisée
L’amidon
subit donc l’éclatement du grain butterfly mais ne
le déclenche pas.
2)
Autres hypothèses vérifiables
Puisque un grain
de maïs classique n’éclate pas et qu’un grain
de maïs butterfly éclate, alors que leur quantité d’amidon
est identique, il doit y avoir un autre facteur qui intervient dans cette
transformation.
Il est observable au toucher
qu’un grain de maïs classique possède une enveloppe
beaucoup moins rigide qu’ un grain de maïs butterfly. Nous
avons donc supposé qu’une enveloppe plus rigide permettrait
de garder plus longtemps la pression exercée à l’intérieur
du grain, causée par l’eau présente qui voudrait s’évaporer
sous l’effet de la hausse de température. Nous avons donc
procédé à une expérience pour voir si la transformation
ne se réalise pas grâce à cette enveloppe très
rigide.
Hypothèse 1 :
C' est l' enveloppe du grain de maïs rigide et étanche qui
permet la hausse de pression et donc l' éclatement quand la limite
de rigidité de l' enveloppe est atteinte.
Conséquence vérifiable :
Si l’enveloppe est percée, l' eau vaporisée n' est
plus contenue et il n'y a plus de montée de pression. Cela implique
donc que le grain devrait brûler et non éclater. On peut
supposer que le résultat sera semblable à la cuisson dans
l' huile du maïs normal.
Protocole
:
- On perce une série de 5 grains de maïs à pop corn.
- On prend 5 grains du même maïs que l' on laisse à
l' état brut.
- On fait éclater les deux séries séparément
selon le même procédé : On les fait frire dans un
fond d' huile d' arachide.
Expérience
:
Maïs Butterfly à l’état
brut après cuisson
Maïs Butterfly percé
après cuisson
Observation
:
Après 2 minutes de cuisson, tous les grains de maïs se sont
transformés en pop-corn.
Conclusion
: Ce n' est donc pas seulement grâce à l' enveloppe externe
qu 'est maintenue la pression interne.
Nous avons décidé après cette expérience peu
concluante de nous intéresser de plus près à une
vision au microscope d’un maïs coupé.
Coupe de maïs ( x100 )
On
peut observer sur cette image que les grains d’amidon sont retenus
par des enveloppes. On sait aussi que lorsque l’on augmente la température
(lors de la cuisson à l’huile), l’eau présente
sous forme liquide dans les grains de maïs va vouloir s’évaporer
et donc créer une pression à l’intérieur du
grain de maïs. Or comme il ne s’agit pas de l’enveloppe
externe du grain qui permet de retenir cette pression (sinon lors de l’expérience
précédente le grain n’aurait pas explosé car
il n’y aurait pas eu de pression), on peut supposer que ce sont
les enveloppes des grains d’amidon spécialement dans le maïs
à pop-corn qui sont assez rigides pour supporter la pression jusqu’à
une certaine température.
Expérience 2
:
Hypothèse :
C' est l' enveloppe des grains d' amidon qui est imperméable et
c' est elle qui retient l' eau vaporisée jusqu 'à la limite
de rigidité de celle-ci, de telle manière que le grain Butterfly
ne se déshydrate pas.
Conséquencevérifiable
:
Si les enveloppes individuelles des grains d’amidon sont percées,
il n’y a plus de pression exercée, on devrait donc observer
que les grains de maïs brûleront sans avoir éclaté
bien sûr.
Protocole :
On sectionne 10 grains de maïs que l’on fait cuire à
l’huile.
Expérience :
Observation
:
Les grains de maïs n’ont pas éclaté.
Conclusion
:
C' est donc bien l' enveloppe des grains d' amidon qui permet l' éclatement
du grain de maïs, plus que l' enveloppe extérieure.
Après
ces multiples expériences, nous sommes arrivés à
la conclusion que l’eau contenue dans le maïs s’évapore
en se réchauffant. Les enveloppes étanches internes du grain
retiennent cette eau et se gonflent, provoquant alors un gonflement de
l’enveloppe externe qui finit par céder dans le cas du maïs
butterfly car étant plus épaisse et plus rigide, cette enveloppe
a résisté jusque là à la pression contrairement
à celle du maïs classique, plus fine, qui est modulable par
les phénomènes physiques internes du grain. Les grains d’amidon
enveloppés, sous l’effet de la pression exercée dans
le grain butterfly, éclatent d’abord : leur volume s’accroît
donc ce qui fait céder l’enveloppe externe du grain de maïs
butterfly devenu du pop-corn. On dit alors de l’amidon qu’il
est expansé. Maintenant que nous savons à quoi est due la
transformation de certain maïs en pop-corn, il nous faut la modéliser.